Application mobile "FORECCAsT by BioClimSol"

L'objectif de cette action était de mettre à disposition des propriétaires et des gestionnaires forestiers un outil d'aide à la décision sous forme d' application mobile appelée "FORECCAsT by BioClimSol". Géolocalisable, l'application est utilisable sur smartphone et tablette, directement sur le terrain. Elle permet de réaliser un diagnostic complet, d'obtenir des pistes de gestion pour les peuplements en place ou les projets de reboisement, et de mettre en œuvre un mode de gestion sylvicole adapté aux conditions locales et au climat à venir. Elle est aussi utilisable pour les Habitats forestiers d'Intérêt Communautaire. Elle est sortie sur le territoire du Haut-Languedoc et sera implémentée sur l'ensemble du territoire métropolitain en 2020 et 2021.

Pour en savoir plus sur le mode de fonctionnement de l'application mobile, vous pouvez consulter son manuel d'utilisation ou les pistes d'interprétation de ses résultats, disponibles rubrique " Téléchargement". Pour toute question concernant l'application mobile, vous pouvez contacter assist-bioclimsol@cnpf.fr. Enfin, ci-dessous, vous pourrez en apprendre plus sur les étapes suivies par FORECCAsT pour le développement de cette application. Bonne lecture !


Etape 1 : Choix du moteur

Nous avons choisi d'utiliser l'outil BioClimSol au sein de notre application mobile, que nous avons donc appelée "FORECCAsT by BioClimSol". L'outil BioClimSol est développé depuis 2009 par le CNPF et est composé de deux modules :

  • Module boisement : il fournit un diagnostic qui aide le propriétaire ou gestionnaire forestier à choisir la bonne essence pour ses projets de reboisement tout en prenant en compte le contexte local et le climat futur
  • Module peuplement en place : il fournit un diagnostic qui définit un niveau de vigilance pour l'essence en place qui prend en compte le climat actuel et futur, la topographie et le sol à travers un Indice BioClimSol (IBS, anciennement ICS). Ce diagnostic peut être comparé avec l'état actuel du peuplement forestier, déterminé par ses caractéristiques dendrométriques, sa santé (à travers les protocoles DEPEFEU et DEFIFOL du DSF - Département de la Santé des Forêts) et sa réaction au stress (à travers le protocole ARCHI du CNPF), afin de suggérer une série de recommandations sylvicoles.

L'outil BioClimSol inclut un diagnostic climatique, topographique et pédologique, le module boisement, des cartes de vigilance climatiques spécifiques à chaque essence et leurs IBS associés. Les recommandations sylvicoles suggérées ont été validées par des experts locaux.

Logo de la méthode BioClimSol

Logo de l'outil BioClimSol

Nous avons choisi d'utiliser l'outil BioClimSol au sein de notre application parce qu'il a été largement testé en France (une trentaine d'études depuis 2009) et qu'il est bien connu des acteurs de la filière forêt-bois. De plus, il a été testé avec succès en 2015 au sein du Parc naturel régional du Haut-Languedoc et certaines données de terrain locales étaient déjà accessibles avant même le commencement du projet FORECCAsT.


Etape 2 : Recueil des données existantes

Le recueil des données existantes est un processus obligatoire, permettant de savoir d'où l'on part et de quelles données supplémentaires nous avons besoin.

Données climatiques

Choix des variables climatiques

Un des challenges posés par le projet a été de trouver un moyen de caractériser aussi précisément que possible le niveau de vigilance à adopter pour un maximum d'essences en utilisant un minimum de variables climatiques. Pour cela, nous nous sommes basés sur des études existantes menées sur plusieurs essences de chêne et mettant en relation le dépérissement avec le bilan hydrique climatique (P-ETP), la température estivale et le risque de dépérissement. D'autres études sur d'autres essences et dans d'autres zones géographiques ont confirmé l'importance de ces variables dans la description des niches climatiques via la méthode BioClimSol. Ces variables nous permettent donc d'évaluer si les essences sont ou non dans leur niche climatique et si le risque de dépérissement augmente. Nous avons détaillé ces variables en six variables climatiques :

  • TMAN (température moyenne annuelle) qui est lié à l'effet moyen annuel de la température sur les essences
  • TN03 (température minimale de mars) qui est lié au risque de gelées
  • TX0608 (température maximale de juin à août) qui anticipe le risque de vagues de chaleur estivales
  • PETP0410 (bilan hydrique climatique moyen d'avril à octobre) qui anticipe le comportement des essences durant la saison de végétation
  • PETP0509 (bilan hydrique climatique moyen de mai à septembre) qui anticipe le comportement des essences durant la belle saison
  • PETP0608 (bilan hydrique climatique moyen de juin à août) qui anticipe le comportement des essences durant la période la plus chaude

Ces variables sont les six qui étaient utilisées dans la méthode BioClimSol, celle que nous avons choisi d'utiliser pour notre application mobile (voir étape 1), au début de notre projet. Nous avons aussi demandé à un groupe d'étudiants d' AgroParisTech Nancy de tester la pertinence de ces six variables et d'en tester de nouvelles. Leur travail ainsi que des études complémentaires que nous avons réalisées nous ont permis de confirmer notre choix, et d'ajouter deux variables supplémentaires à notre base de données, la température minimale de janvier (TN01) et la température minimale absolue (TN_abs).

Choix de la base de données climatiques

Nous avons obtenu les valeurs spatialisées des variables citées précédemment grâce à l'utilisation de la base de données NORCLIS, développée par le CNPF. Ce modèle combine des données de la base de données AURELHY de Météo France avec des données de la base de données DIGITALIS du laboratoire LERFoB d'AgroParisTech Nancy. Son intérêt est qu'elle combine la précision des données de température et de précipitation d'AURELHY avec celle des données de radiation de DIGITALIS.

A partir de moyennes trentenaires des variables issues cette base de données, nous avons compilé un raster (données spatialisées) par variable climatique française choisie sur l'ensemble du territoire français. Ce sont ces rasters que nous avons utilisé à la base de nos calculs de modèles (voir étape 5).

Exemple de raster obtenu pour la variable TMAN (température moyenne annuelle). Plus la couleur est chaude et plus elle est élevée.

Obtention des données pour le module boisement

La méthode BioClimSol utilisée au sein de notre application mobile comprend un module boisement (voir étape 1). Afin de calculer les seuils climatiques des niches écologiques des essences comprises dans ce module, il a fallu croiser les données de leur aire de distribution mondiale avec une base de données climatiques mondiale.

Les aires de distribution mondiales des différences essences incluses dans le module boisement de l'application ont été déterminées à partir de trois sources de données. EUFORGEN nous a fourni la majeure partie des informations dont nous avions besoin, et nous avons complété ces données avec les travaux de Caudullo et al. (2017) et Little (1971).

Après analyse comparative de quatre bases de données, nous avons décidé d'utiliser WorldClim2 comme base de données climatiques mondiale.

Données topographiques

Choix du fond de carte

Pour utiliser l'application mobile "FORECCAsT by BioClimSol", l'utilisateur indiquer très précisément la localisation de sa parcelle sur une carte numérique. Après une analyse comparative de trois fonds de carte potentiellement utilisables dans notre application, nous nous sommes décidés pour l'utilisation d' OpenStreetMap, à la fois suffisamment précis et facilement utilisable pour notre projet.

Choix du modèle numérique de terrain (MNT)

Afin d'extraire les variables topographiques nécessaires à nos modèles, nous avons dû choisir un MNT précis et adapté à notre problématique. Après comparaison de quatre MNT avec un MNT de référence, nous avons sélectionné le MNT de l'IGN à un pas de 75 mètres.

Préparation du travail de terrain sur les fosses pédologiques

Afin de mieux connaître les sols forestiers du Haut-Languedoc et d'utiliser ces informations au sein de notre application mobile, nous avons mis en place une campagne de creusement de 100 fosses pédologiques réparties sur tout le territoire (voir étape 3). Pour s'assurer que ces fosses soient bien représentatives de la diversité des situations rencontrées sur le territoire, nous avons combiné des données géologiques, pédologiques, climatiques et topographiques pour diviser le territoire en trois grandes régions pédoclimatiques :

  • Une région orientale caractérisée par une influence climatique méditerranéenne et une géologie hétérogène (schistes et roches acides mais aussi calcaires)
  • Une région centrale caractérisée par une influence climatique plus océanique, une altitude plus élevée et une géologie homogène (roches acides telles que du granite et du gneiss)
  • Une région occidentale caractérisée par une influence climatique océanique et une géologie hétérogène (schistes et roches acides mais aussi calcaires)

Division du territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc en trois régions pédoclimatiques. En vert, la distribution du douglas, l'essence de référence choisie pour le travail sur le sol.

Division du territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc en trois régions pédoclimatiques. En vert, la distribution du douglas, l'essence de référence choisie pour le travail sur le sol.

Pour chacune de ces régions, nous avons ensuite réparti nos fosses afin qu'elles se situent dans des conditions topographiques les plus variées possibles, notamment en ce qui concerne la pente et l'exposition.

Données sur les habitats naturels

Nous avons recensé les données existantes concernant les sites Natura 2000 du territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc et la répartition des habitats d'intérêt communautaire (HIC) au sein de ces sites.

Exemple de cartographie des HIC obtenu pour le site Natura 2000 "Le Caroux et l'Espinouse"

Exemple de cartographie des HIC obtenu pour le site Natura 2000 "Le Caroux et l'Espinouse"

A partir de ces données, nous avons pu déterminer que l'HIC le plus représenté sur le territoire du Parc était la hêtraie atlantique acidiphile à houx. C'est aussi un HIC à déterminisme climatique direct et qui est lié à des enjeux de production. Nous avons donc décidé de nous concentrer sur cet HIC pour notre étude des habitats naturels forestiers.


Etape 3 : Recueil des données pédologiques de terrain

Nous avons complété les données déjà existantes sur les sols forestiers du Haut-Languedoc par la réalisation et l'étude d'une centaine de fosses pédologiques, qui nous ont permis d'étudier la réserve utile en eau (RUE) des différents types de sols rencontrés. La RUE est la capacité des sols à stocker puis à restituer l’eau pour les arbres. Cette donnée cruciale doit permettre de mieux localiser les zones où les forêts sont les plus vulnérables au changement climatique. Elle peut être estimée à partir des propriétés du sol (texture, teneur en matière organique...) à travers des fonctions de pédotransfert. De telles fonctions sont largement utilisées dans un contexte de grandes cultures mais devaient être précisées pour des sols forestiers, et adaptées au contexte local du Parc naturel régional du Haut Languedoc. Ce travail de grande ampleur répondant à une problématique scientifique forte a été réalisé avec l'appui scientifique du laboratoire LISAH de l'INRAE, et plus particulièrement de Philippe Lagacherie.

Répartition de l'échantillonnage

Une fois l'identification des principales régions pédoclimatiques du Parc naturel régional du Haut-Languedoc effectué (voir étape 2), nous avons déterminé la localisation des fosses pédologiques au sein de ces régions afin qu'elles se situent dans des conditions topographiques les plus variées possibles, notamment en ce qui concerne la pente et l'exposition.

Répartition des fosses pédologiques du projet FORECCAsT sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc

Répartition des fosses pédologiques du projet FORECCAsT sur le territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc

Afin de s'affranchir de l'effet de l'architecture racinaire, nous avons décidé de réaliser toutes ces fosses au sein de parcelles d'une même essence. Nous avons choisi de nous concentrer sur le douglas, essence largement plantée sur le territoire, avec un enjeu de production, sensible aux modifications du climat et dont la structure permet de creuser des fosses sans abimer les arbres.

Réalisation de l'échantillonnage

Sur chacun des 100 sites sélectionnés, nous avons récolté des données à trois échelles différentes.

Échelle de la forêt

Pour 20 arbres répartis en spirale autour de la fosse pédologique, nous avons mesuré leur état sanitaire à travers les protocoles DEFIFOL du DSF et ARCHI du CNPF. Nous avons aussi estimé leur diamètre, leur âge et, pour les plus gros, leur hauteur (voir étape 4).

Échelle de la subsurface

Nous avons étudié la subsurface du sol en utilisant une pioche et une tarière pour décrire le profil pédologique de subsurface selon les protocoles habituellement utilisés par les forestiers. Nous avons aussi mesuré d'autres variables comme le type d'humus, la concentration en éléments grossiers (fragments de roche), la microtopographie et la géologie locale.

Utilisation d'une tarière pour analyser la subsurface du sol (Crédit : Juliane Casquet - Parc naturel régional du Haut-Languedoc

Utilisation d'une tarière pour analyser la subsurface du sol (Crédit : Juliane Casquet - PNRHL)

Échelle du sol profond

A l'aide d'une pelle mécanique de 25 tonnes, nous avons fait creuser des fosses jusqu'à la roche mère ou, lorsque cela n'était pas possible, jusqu'aux racines les plus profondes. Ces fosses ont été réalisées par la société GUTKIN TP et mesuraient un à cinq mètres de profondeur. Ensuite, avec l'appui de GEOSOLeau, nous avons décrit les profils de sol obtenus et les avons enregistrés dans la base de données DONESOL. Enfin, Auréa a analysé les échantillons de sol récoltés pour en déterminer les propriétés clés pour le stockage de l'eau, telles que la texture, la fraction organique et la quantité d'éléments grossiers, ainsi que la présence et l'état des racines. Nous avons complété toutes ces données avec une mesure de la quantité d'eau de ces échantillons réalisée au laboratoire du LISAH.

Utilisation d'une pelle mécanique pour creuser les fosses pédologiques profondes (Crédit : Elise Bourru - PNRHL)

Utilisation d'une pelle mécanique pour creuser les fosses pédologiques profondes (Crédit : Elise Bourru - PNRHL)

Interview de Baptiste ALGAYER, pédologue chargé de mission Sol du projet FORECCAsT

Baptiste Algayer au travail (Crédit : Raphaël Bec - CNPF)Baptiste Algayer en plein comptage racinaire (Crédit : Raphaël Bec - CNPF)

SG : Baptiste, avant de nous parler des fosses du projet FORECCAsT, peux-tu nous dire ce qu’est une fosse pédologique en général ?

BA : Il s’agit d’un trou de 1 à 5 mètres creusé dans le sol, sur toute la profondeur de l’emprise des racines des arbres. Elle permet de décrire le profil du sol, de prélever des échantillons et de faire un lien entre le sol et l’état sanitaire de l’arbre.

SG : La campagne d’ouverture des fosses est lancée depuis mai. Dis-nous quel est l’objectif de cette campagne ?

BA : L'objectif est d’étudier la capacité des sols forestiers du territoire à stocker et restituer l’eau aux arbres, c’est-à-dire la réserve utile en eau (RU). Localiser une RU faible, c’est localiser une forêt plus vulnérable aux variations climatiques.

SG : Quelles sont les informations que tu extrais des fosses ?

BA : Les échantillons prélevés permettent de mesurer la texture des matériaux (qui influence fortement la réserve utile en eau), leur densité apparente, les propriétés chimiques des sols déterminant leur fertilité (PH, Carbone, potassium …) et l’état sanitaire et la densité des racines.

SG : Comment les résultats vont-ils être valorisés dans le cadre du projet ?

BA : Les échantillons vont être analysés en laboratoire en fin d’année. Ces travaux permettront d’avoir une estimation plus juste de la RU à l’avenir, car c’est un paramètre très important pour l’état de santé de l’arbre mais parmi les plus difficiles à estimer.

SG : Passons à la pratique des gestionnaires : quels seront les différents paramètres qu’ils renseigneront dans l’application FORECCAsT ?

BA : Ils rentreront dans l’application les paramètres de station comme l’altitude, l’exposition, la position topographique, la pente, type de substrat géologique (calcaire, gneiss, granite, schiste). A partir de ces données, l’application FORECCAsT devra être en mesure de donner des informations sur le type de sol en présence et donc de connaitre son influence sur la forêt.

SG : Quelle est la particularité du projet FORECCAsT du point de vue du pédologue ?

BA : L’échelle du projet FORECCAsT est remarquable ainsi que le nombre de fosses que nous allons ouvrir (100). Même le sondage est exceptionnel : ici, nous allons creuser à la pelleteuse sur plusieurs mètres de profondeur (jusqu’à 5-6 mètres parfois) quand le pédologue utilise plus probablement une tarière, qui ne lui permet d’aller qu’à un mètre de profondeur. L’idée est d’accéder à la profondeur maximum des racines.

SG : J’aurais dû commencer par cette question mais elle conclura finalement notre échange : donne-nous ta définition de la pédologie.

BA : La pédologie (du grec pedon : sol) est la science qui s’intéresse aux processus de formation et à l’évolution des sols. Selon différents critères, on distingue une multitude de type de sols qui remplissent des fonctions essentielles au sein de l’écosystème, à l’interface entre la géologie, l’atmosphère et la biosphère. En décrivant le sol, l’objectif du pédologue est de comprendre le fonctionnement de l’écosystème dans son ensemble, et donc de contribuer à son équilibre ou à sa protection s’il y a lieu.

Journée de terrain autour des fosses, point de vue d'une non initiée...

... et approximations sur l'orthographe et le sens des mots !

Elise BOURRU, coordinatrice du projet jusqu'au 31 octobre 2017, a suivi les pédologues sur le terrain. Elle les a observés et surtout écoutés ... et a découvert leur vocabulaire fleuri ! On se rappellera longtemps des "oligo-moules"* ! Découvrez son photo-reportage en cliquant ICI.

Comptages racinaires (Crédit : Elise Bourru - PNRHL)

Comptages racinaires (Crédit : Elise Bourru - PNRHL)

*OLIGOMULL = type d'humus présentant 3 couches de dégradation de la matière organique : une litière récente (OL), une litière ancienne (OLv) et une litière fragmentée (Of). Dans un oligomull, les matières organiques se dégradent lentement sous l’effet des champignons et des lombrics.


Etape 4 : Etude de l'état sanitaire des arbres

Pour améliorer les modèles existants et construire des cartes de vigilance climatique à partir d'IBS (voir étape 1) calibrés pour le territoire du Haut-Languedoc, nous avons mis en place une campagne d'échantillonnage de terrain visant à étudier l'état sanitaire de deux essences clé :

  • Le douglas (Pseudotsuga menziesii), une essence fréquente dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, sensible à la sécheresse et avec des enjeux de production forts
  • Le hêtre (Fagus sylvatica), une essence autochtone liée à l'habitat d'intérêt communautaire étudiée dans le cadre de FORECCAsT

Étude sur le douglas

Les mesures ont porté sur 82 parcelles de douglas, réparties sur tout le territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc. 72 d'entre elles ont été placées à proximité immédiate de nos fosses pédologiques ( voir étape 3). Dans chacun de ces sites, nous avons sélectionné et numéroté 20 arbres dominants ou codominants répartis en spirale à partir d'un point central. Notre placette de mesure correspond à cette zone.

Mesures dendrométriques

Sur nos placettes de mesure, nous avons relevé :

  • Le diamètre à hauteur de poitrine des 20 arbres numérotés
  • La hauteur des trois arbres les plus gros
  • L'âge de l'arbre le plus gros par carottage à la tarière de Pressler
  • La surface terrière de la parcelle

Mesure du diamètre à hauteur de poitrine d'un douglas (Crédit : Juliane Casquet - PNRHL)

Carottage à la tarière de Pressler d'un douglas pour en estimer l'âge (Crédit : Juliane Casquet - PNRHL)

Mesures de l'état sanitaire

Nous avons ensuite estimé l'état sanitaire de notre placette en utilisant deux protocoles complémentaires, les protocoles DEFIFOL du DSF et ARCHI du CNPF. Nous avons aussi noté la présence d'autres anomalies sur les douglas, comme des traces de nécrose, des fentes ou la présence de Fomes.

Observation à la jumelle des houppiers de douglas pour en estimer l'état sanitaire (Crédit : Juliane Casquet - PNRHL)

Étude sur le hêtre

Les mesures ont porté sur 30 parcelles de hêtre, toutes situées à l'intérieur de sites Natura 2000 du Parc naturel régional du Haut-Languedoc et représentatives de l'habitat d'intérêt communautaire "hêtraie atlantique acidiphile à houx" (voir étape 2).

Dans chacun de ces sites, nous avons récolté des données contextuelles (pente, topographie...), fait un relevé pédologique de subsurface (voir étape 3), puis effectué des mesures dendrométriques et de l'état sanitaire similaires à celles réalisées sur le Douglas. Nous avons aussi réalisé un relevé floristique détaillé de ces placettes afin d'identifier la présence de plantes caractéristiques des hêtraies atlantiques acidiphiles à houx et de mesurer leur recouvrement. Ces données serviront à une évaluation de l'état de conservation de l'habitat.

Canche flexueuse (Deschampsia flexuosa), une graminée caractéristique de cet habitat (Crédit : Juliane Casquet - PNRHL)


Etape 5 : Traitement des données et création des modèles

Toutes les données antérieures au projet et récoltées pendant le projet ont été traitées, analysées puis compilées pour réaliser les modèles mathématiques intégrés à l'application mobile.

Module "peuplement en place" : cartes de vigilance climatique

Cartes de vigilance calibrées sur le dépérissement

Durant FORECCAsT, nous avons amélioré les Indices BioClimSol (IBS - voir étape 1) existants avant le début du projet et en avons créé de nouveaux pour les essences pour lesquelles la base de données de dépérissement du CNPF était suffisamment fournie. Pour deux essences, le douglas et le hêtre, les données que nous avons récoltées (voir étape 4) ont été ajoutées à cette base de données pour mieux adapter leurs IBS au contexte du Haut-Languedoc.

A partir de ces IBS, il est possible d'estimer la probabilité de dépérissement d'une essence dans des conditions locales données, cette probabilité de dépérissement étant liée à un niveau de vigilance à adopter.

Cartes de vigilance calibrées sur la niche climatique

Pour 31 essences pour lesquelles il n'était pas possible de calculer un IBS, nous avons construit des cartes de vigilance basées sur le climat observé au sein de leur niche écologique. Pour cela, nous avons déterminé les seuils climatiques tolérés par chacune de ces essences pour les variables climatiques que nous étudions (voir étape 2). Nous en avons ensuite déduit des cartes de vigilance actuelles et futures pour chacune des essences en question.

Cartes de vigilance pour les habitats forestiers d'intérêt communautaire

Nous avons décidé d'approcher la vigilance climatique des habitats forestiers d'intérêt communautaire par la carte de vigilance climatique de l'essence principale structurant l'habitat considéré (par exemple le hêtre pour les hêtraies atlantiques acidiphiles à houx). De cette manière, l'application mobile peut être utilisée à la fois pour des objectifs de production et de conservation de l'habitat.

Module "boisement"

Le but de ce module est de fournir un diagnostic qui aide le propriétaire ou gestionnaire forestier à choisir la bonne essence pour ses projets de reboisement tout en prenant en compte le contexte local et le climat futur. Pour cela, nous avons construit, à partir d'une base de données autécologiques construite par Emmanuel Rouyer (CNPF) et enrichie lors du projet FORECCAsT, qui a servi à construire les cartes de vigilances mentionnées ci-dessus, un module permettant de déterminer si l'essence en question est ou non dans des conditions adéquates sur la parcelle où s'effectue le test. Cela a notamment rendu possible par le travail effectué sur la pédologie (voir étape 3).


Etape 6 : Création de l'application mobile

L'avant-dernière étape de cette action a été la construction de l'application mobile "FORECCAsT by BioClimSol" proprement dite par des professionnels de la création d'application.

Rédaction du cahier des charges pour la réalisation de l'application

La société Smartview a été sélectionnée pour nous accompagner lors de la rédaction du cahier des charges de l'application, puis du choix du prestataire chargé de sa réalisation.

De fin 2017 à début 2018, des échanges ont lieu entre cette société et l'équipe de FORECCAsT pour bien définir nos besoins et réaliser une maquette de l'application. Une réunion avec les futurs utilisateurs a également permis de bien prendre en compte leurs attentes dans la réalisation de cet outil d'aide à la décision. Le cahier des charges de l'application a été finalisé début 2018.

Réalisation de l'application mobile

Après avis d'appel à la concurrence et examen des offres reçues, nous avons sélectionné durant l'été 2018 le prestataire chargé de la réalisation de l'application mobile. Il s'agit de la société High Connexion. La réalisation de l'application, qui a nécessité de nombreux échanges avec des professionnels de la gestion forestière afin d'intégrer leurs besoins, a eu lieu pendant l'année 2019.

Pour en savoir plus sur le mode de fonctionnement de l'application mobile, vous pouvez consulter son manuel d'utilisation ou les pistes d'interprétation de ses résultats, disponibles rubrique " Téléchargement".

Tests de terrain

Une fois l'application créée, elle a été testée sur tout le territoire du Haut-Languedoc par des professionnels de la gestion forestière qui ont pu nous faire remonter leurs remarques, non seulement sur l'ergonomie de l'application mais aussi sur les résultats qu'elle produit. Une fois l'application validée, nous avons pu commencer à former les acteurs locaux à son utilisation.


Etape 7 : Formation des utilisateurs

Fin 2019 et début 2020, nous avons proposé six sessions de formation aux professionnels du territoire du Haut-Languedoc. Ces formations, gratuites et réalisées par des membres de l'équipe FORECCAsT, ont permis de former une quarantaine de personnes à son utilisation.



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